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L’industrie touristique de L’Isle-aux-Coudres souffre de la grève des traversiers du Québec
Le conflit de travail qui oppose les officiers syndiqués de la Société des traversiers du Québec (STQ) et leur employeur a des impacts sur la fréquentation touristique de L’Isle-aux-Coudres, en ce début d’été 2024. Sans convention collective depuis le 1er avril 2023, les travailleurs réclament notamment de meilleures conditions salariales à la société d’État.
Mathieu Larivière – Initiative de journalisme local
Avec les journées de grève qui pourraient avoir lieu aux vacances de la construction, les commerçants craignent d’autres répercussions négatives comme celles connues lors de la fin de semaine de la Fête nationale du Québec.
« Ça a été une réaction très triste de la part des commerçants parce que cette fin de semaine-là, c’est la fin de semaine qui ouvre la saison [...] c’est le moment où les gens arrivent à L’Isle-aux-Coudres en théorie. Et là, c’est sûr que la porte s’est refermée », témoigne Caroline Dufour, directrice générale pour Tourisme Isle-aux-Coudres. Cette dernière soutient que la mauvaise presse entourant les multiples enjeux connus par la Société des traversiers du Québec a influencé les intentions de destination de vacances des Québécoises et des Québécois.
Pour plusieurs acteurs de l’industrie touristique, les pertes engendrées durant le long congé de la Fête nationale du Québec ont été considérables. Guy Rousset, président de l’Hôtel Cap-aux-Pierres, indique avoir enregistré « 70% de réservations en moins » par rapport à la même période en 2023. « On reçoit en moyenne [...] 70 appels par jour, et là, on est tombé à moins de 10 », déplore l’homme d’affaires.
Noëlle-Ange Harvey, propriétaire de la Boulangerie Bouchard, abonde dans le même sens. « Le vendredi de la fête de la Saint-Jean, [...] j’ai eu 87 clients dans ma journée. L’année d’avant, j’en avais eu 394 !». Guy Rousset rappelle que les familles des travailleurs de l’industrie sont elles aussi touchées par ce conflit, puisque la baisse de l’affluence sur l’île force les commerçants à diminuer les heures de travail de leurs employés.
À qui la faute ?
Madame Harvey dénonce la déresponsabilisation des parties impliquées dans le dossier. « Ce que je déplore dans ça, c’est qu’il n’y a jamais personne d’imputable à rien ! [...] moi, j’ai un commerce. Si j’ai une critique [...] je vais l’écouter, je vais prendre en considération. Mais au moment où on se parle, personne n’est imputable de rien ! », énonce-t-elle.
De nombreux intervenants se sentent pris en otage par le conflit de travail. « Les appels à l’aide qui ont été faits dans les derniers jours, c’est vraiment plus au niveau de régler les conflits avec les hautes instances [...] On comprend la situation de grève, mais l’industrie touristique en a un peu ras-le-bol », affirme Caroline Dufour.
Déblocage des négociations et lettre à François Legault
Confronté au problème, le maire de L'Isle-aux-Coudres, monsieur Chrystian Dufour, se montre rassurant en ce qui a trait à l'accès à l'Isle pour les citoyens et les visiteurs. Il souligne avoir envoyé des lettres au Syndicat des Métallos, qui représente les travailleurs, ainsi qu’à la STQ et à son ministère d’attache afin de les inciter à relancer les négociations.
Une autre lettre a été envoyée au premier ministre du Québec pour trouver une issue au conflit. Guy Rousset, instigateur de cette lettre ouverte, a voulu interpeler en monsieur Legault l’ancien P.-D. G. d’Air Transat pour lui faire comprendre l’importance capitale de la fiabilité des transports qui opèrent des liaisons entre un continent et des îles, situées dans les Caraïbes ou au Québec. Malgré le fait que les moyens de transport mis en service par Air Transat et la Société des traversiers du Québec ne soient pas les mêmes, Guy Rousset soutient que la sécurité et l'intérêt des voyageurs pour une destination sont assurés par le fonctionnement adéquat des bateaux et des avions.
Ces initiatives auraient potentiellement contribué à faire avancer le dossier des négociations. Chrystian Dufour déclare avoir reçu une réponse « positive », puisque les parties impliquées « ont rajouté des dates » pour se rencontrer à la table des négociations. Monsieur Rousset renchérit en déclarant que « la présidente du Conseil du trésor [du Québec] a annoncé que le dialogue n’avait jamais été rompu [et] que des journées de négociations supplémentaires [...] avaient été ajoutées avant le congé de la construction ».
Espoir et craintes pour les vacances de la construction
Sarah Renau-Céré, une résidente de La Malbaie qui travaille à L’Isle-aux-Coudres, témoigne de sa réalité de transport. « Je pense que ça va quand même continuer à aller et venir [durant un éventuel débrayage]. C’est jamais coupé à 100% [...] Au pire des pires, si on ne peut pas revenir sur le continent, il n’y a pas meilleure place qu’ici pour rester ».
Les acteurs touristiques rencontrés ont quant à eux des appréhensions pour les semaines à venir. « Ça augure que les gens ont une mauvaise impression, une mauvaise publicité », clame Noëlle-Ange Harvey. Cette dernière souhaite lancer un message aux gens de l’extérieur qui aimeraient venir à L’Isle-aux-Coudres: « L’Isle, c’est une terre d’accueil, mesdames, messieurs. Venez faire un tour, en dépit de tout. Prenez du temps, venez nous voir, on est accueillant. Puis, elle est belle tout le tour ! »
Le conflit de travail opposant les officiers syndiqués de la Société des traversiers du Québec et leur employeur affecte présentement cinq traverses au Québec, dont deux sont situées en Charlevoix.
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