Un hiver rigoureux pour les oiseaux de Charlevoix

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Un hiver rigoureux pour les oiseaux de Charlevoix

Environnement Canada confirme que l’hiver 2025 est largement plus froid et enneigé que celui de l’an dernier jusqu’à pareille date pour la région de Charlevoix. Plusieurs espèces d’oiseaux ne migrent toutefois pas vers le sud en cette période hivernale, et demeurent dans notre région malgré les conditions rigoureuses auxquelles elles sont confrontées.

Mathieu Larivière – Initiative de journalisme local

Selon Michel Côté, président de la Société d’horticulture, d’ornithologie et d’écologie de Charlevoix, il est erroné de penser qu’il y a peu d’oiseaux en hiver dans notre région. « Il y a au moins une soixantaine, à peu près 60 espèces qui passent l’hiver ici », estime-t-il. Parmi ces oiseaux, certains viennent spécifiquement pour la saison froide, comme le garrot d'Islande, que l’on peut observer sur le littoral charlevoisien, l’un des rares endroits au Québec où il séjourne durant l’hiver.

Certains canards, comme le malard, sont présents tout au long de l'année. Michel Côté remarque que ces canards, « plutôt que d’être en Floride à l'année, [ont choisi] d’être au Québec à l'année ». Ces espèces sont particulièrement bien équipées pour résister aux températures glaciales. « Ils sont très bien construits pour combattre le froid », mentionne l'ornithologue.

Adaptations face au froid

Pour faire face aux rigueurs de l'hiver, les canards adoptent des stratégies spécifiques. Michel Côté explique que, durant l'automne, ils se préparent en absorbant beaucoup de nourriture, ce qui leur permet de s’engraisser. « Ils ont un plumage qui est assez exceptionnel, qu’ils peuvent gonfler pour mettre de l'air à l’intérieur », affirme-t-il. Ce plumage sert de couche isolante, et est également huilé, permettant aux oiseaux de rester secs même lorsqu'ils plongent dans un milieu aquatique. « Quand ils vont se déposer dans l'eau... vous allez en voir dans la rivière là-bas, c'est un barboteur qui se met la tête à l'eau pour prendre de la nourriture, manger des plantes. Quand il sort, il n'est pas humide », explique-t-il.

Malgré ces adaptations, les oiseaux doivent continuer à se nourrir pour maintenir leur énergie. Ils sont particulièrement actifs en fin de journée pour se préparer à la nuit froide. « Les meilleurs moments pour observer les oiseaux l'hiver, c'est le matin et en fin d'après-midi », souligne Michel Côté.

La grippe aviaire

Cependant, ces oiseaux ne sont pas à l'abri de la grippe aviaire. Michel Côté indique que « c'est un virus qui est contagieux au niveau des oiseaux, particulièrement les oiseaux aquatiques ». Bien que certains oiseaux soient à risque, plusieurs espèces présentes dans Charlevoix semblent relativement protégées. « Heureusement, les canards ici, les oiseaux, les passereaux, les mésanges, tous les oiseaux qui viennent aux mangeoires, sont peu à risque d'attraper ce virus », rapporte l’ornithologue.

Malgré tout, il reste important de prendre des précautions. « Si on voit un oiseau mort, il ne faut pas y toucher. On le laisse là, puis si on est pour y toucher, qu'on prenne des gants, qu'on mette ça dans un sac de plastique », conseille Michel Côté, qui rappelle que l’être humain n’est pas immunisé contre la grippe aviaire. Pour les personnes qui possèdent des mangeoires, il est recommandé de laver les contenants sur une base régulière afin de limiter la transmission du virus entre les oiseaux.

Des propositions pour mieux préserver l’environnement de Charlevoix

Récemment, Michel Côté a pris position sur la possible fin du Train de Charlevoix. Il a écrit une lettre d’opinion dans Le Charlevoisien, le journal local régional, pour évoquer les répercussions du chemin de fer sur l’environnement. « Le Sentier de la Rive, [...] c’est une richesse au niveau de Charlevoix. On a à peu près 40 km de rive entre Baie-Saint-Paul, puis la Malbaie, puis on n'y a pas accès », explique-t-il. Il plaide ainsi en faveur de la transformation de l’ancienne voie ferrée en une piste multi-fonctionnelle, à l’image de nombreux projets similaires au Québec. Cette transformation pourrait offrir des avantages économiques et touristiques considérables, comme l’illustre le succès du parc linéaire du P’tit Train du Nord dans les Laurentides, qui aurait généré 71 millions de dollars de retombées économiques l'an dernier.

En plus de l'aspect économique, Michel Côté souligne la valeur écologique de ce corridor littoral pour la faune locale, notamment durant la migration interrives des oiseaux. « Les oiseaux, pendant la nuit, traversent la rive sud, traversent le fleuve. Et au matin, ils se déposent dans les arbres, le long de la voie ferrée. C'est par milliers qu'ils sont », lance-t-il. Il plaide donc pour un meilleur entretien de la voie ferrée, qui est associée à divers rejets de goudron, afin de préserver les écosystèmes littoraux de Charlevoix, dans lesquels prospèrent plusieurs espèces d’oiseaux.

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Video Upload Date: February 28, 2025

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